Le ring et la cuisine

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Le gris de l’inox remplit entièrement le regard. Confinée, martiale, dure, coupante, froide voire  brûlante, la cuisine fait souvent l’effet d’une cellule de dégrisement et l’action n’est pas toujours douce. Au moment du coup de feu, la brigade ne peut se permettre de discuter, il faut envoyer.

Il manque les cuisiniers eux-mêmes, leurs paroles, leurs mouvements. Il faut imaginer qu’ils se touchent continuellement au cours du service, qu’il fait chaud et que la sueur va perler de leur peau. Nous sommes sur un ring où les hommes se fondent en une masse vibrante cherchant chaque fois à donner sens à la matière.

Il sortira de là des plats d’une franchise brutale, d’une tendresse émouvante, voire les deux. Ils partiront en salle juste derrière la prise de vue, car cette cuisine est ouverte sur ses convives chaudement rassemblés, braillant toujours plus forts pour se faire entendre. Ils en seront déboussolés de tant d’amour.  Les cuisiniers recommenceront encore ce soir.

Chez l’Ami Jean, 27 rue Malar à Paris.

 

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