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Retour de Vinexpo

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Naturellement ma première destination fut le très spécifique salon Renaissance des appellations, un salon mettant à l’honneur des artisans vignerons réunis selon un cahier des charges précis intégrant notamment le refus d’intrants chimiques dans la vigne ainsi qu’à la cave et l’unanimité d’un comité national (voir le détail ici). On y trouve une grande homogénéité quant à la philosophie défendue, la qualité des vins représentés. Mais devant tant de qualité et sur une durée aussi restreinte, il me fallait une clé d’entrée. La plus évidente était ceux que je connaissais déjà, mais j’avais envie d’aller un peu plus loin, bref de faire une rencontre. En regardant la longue liste, je découvrais alors la présence d’Alain Moueix du Chateau Fonroque. Inconnu jusqu’à cette expérimentation vidéo et sonore  d’Isabelle Rozenbaum qui donnait une âme nouvelle aux vins de Bordeaux qu’on ne leur connaît pas ou si peu. Un regard aussi sur le travail dans la vigne peut être plus proche du lâcher-prise que de l’action volontariste. En rencontrant Alain Moueix, je pouvais encore percevoir ce que le silence apportait de qualité. Etions-nous vraiment à Bordeaux en pleine effervescence ? Je rencontrais également les Champagnes Bedel et leur regard profond et ample. Eux-mêmes m’avaient été recommandés par Alain Moueix. Et il y avait quelque chose d’indescriptible dans leur manière d’être. Peut être une volonté de laisser parler le vin directement ? Suffit-il vraiment de laisser le produit parler ? Peut-il dire tout le savoir-faire ? J’en doute encore tellement la technologie peut masquer les défauts.

Après d’autres rencontres (les vins Beudon tombant pour ainsi dire du ciel) je me rendais sur les conseils d’Hippolyte à la dégustation de l’Union des Gens de Métier retirée dans les collines de St Emilion où je goûtais pour la première fois les vin du domaine de Trévallon, les rares vins qui me donneraient volontiers l’envie de devenir un simple buveur d’étiquettes.

Une seule journée passée à Bordeaux et je ratais d’autres « Off » mais aussi le « On », Vinexpo où pourtant j’aurais aimé croisé quelques personnes, quelques connaissances.Mais pourquoi aller dans ses hangars si peu attrayants. Autant je comprends combien le « On » du festival d’Avignon puisse encore faire recette face aux off, autant le « On » bordelais me semble perdre du terrain sur le Off… grosse machine commerciale ayant comme oubliée ses racines, à moins que cela ne soit l’arbre qui cache la forêt. Me restait alors qu’à rentrer vers la capitale occitane après un crochet, tout de même, à une dernière rencontre de vignerons, les Contains Sulfites mais pas trop, session bien amicale et gourmande (quelle délicieuse idée !) où enfin j’avais la joie non feinte de déguster les champagnes Tarlant dont je connaissais déjà si bien les paysages bucoliques grâce à la constante transmission réalisée par ses collaborateurs les plus investis sur les réseaux numériques.Tout cela clôturait merveilleusement cette journée.

Au final avais-je vraiment « fait » Vinexpo et d’ailleurs est-ce vraiment possible ? N’est ce pas comme « faire un pays »,une absurdité sémantique car on ne fait pas un pays on en éprouve certaines régions on y fait sans doute des rencontres mais jamais on ne fait vraiment un salon, ses In et ses Off.