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Plans

Pont

 

J’ai pris cette image sur l’aller entre Paris et Toulouse sur l’A20. Covoiturage avec Yves. Je l’avais choisi parce qu’il avait à peu près le même âge que moi et qu’il roulait dans une Volvo confortable. Je crois que c’était la première fois que je choisissais volontairement un véhicule confortable pour réaliser ce voyage.Il se trouve que le conducteur était en adéquation avec les caractéristiques du véhicule. Ambiance tranquille, mouvement assuré, conversation calme. Derrière une jeune femme dormait.

Et puis ce pont. Je l’ai pris en photo sans y penser. J’avais mon petit portable en main et j’ai eu le temps de déclencher.  On était peut-être dans le Quercy. Il est posé là comme une soucoupe volante, s’intégrant parfaitement avec l’ambiance futuriste de l’autoroute  alors que l’on traversait la montagne en direction de la capitale occitane.

Au-dessus, j’imagine le point de vue totalement différent des véhicules qui sautent par-dessus l’autoroute. Leur horizon, leurs préoccupations, leur vitesse. Ils voient sans doute ce passage comme une bref incursion de la modernité dans leur voyage. Un épiphénomène.

Deux plans de vie qui se juxtaposent brièvement avec à peine visible la fenêtre de la voiture.

Jeux d’image

alain_fleischer toulouse_et_TellerActuellement en plein mois de l’image à Toulouse. La première photo appartient à Alain Fleischer et je l’ai pêché au Grand Rond . Elle décrit un terrain de tennis, normalement caractérisé par ses droites qui délimitent un territoire parfaitement bordé. Ici l’artiste a joué avec les lignes, droites transformées en courbe, il ouvre ainsi les territoires (ailleurs sur la photo) et crée une autre dynamique, comme une vibration. Peut-être un signe des temps que nous vivons, l’envie de retrouver de l’espace libre…

La deuxième image, une jeune femme joue à se faire prendre en photo alors qu’elle mime d’embrasser la personne sur la photo de Jurgen Teller…elle semble apporter sa chair, le vivant à cette image posée. En la mettant dans le domaine public j’étais surpris de voir comment les gens font plus que regarder, ils se mettent en scène aussi, intègre la photo à leur vie, leurs envies, leurs illusions ou désillusions.

Comme si les images en perdant leur dimension sacrée avaient gagné à être manipulée, mis en scène. On comprend intimement la fabrique des images en créant soi-même par jeu. Le photographe change alors aussi de rôle. Il n’a plus maintenant à transmettre la réalité, on lui demandera d’habiller la réalité à la convenance.