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Plans

Pont

 

J’ai pris cette image sur l’aller entre Paris et Toulouse sur l’A20. Covoiturage avec Yves. Je l’avais choisi parce qu’il avait à peu près le même âge que moi et qu’il roulait dans une Volvo confortable. Je crois que c’était la première fois que je choisissais volontairement un véhicule confortable pour réaliser ce voyage.Il se trouve que le conducteur était en adéquation avec les caractéristiques du véhicule. Ambiance tranquille, mouvement assuré, conversation calme. Derrière une jeune femme dormait.

Et puis ce pont. Je l’ai pris en photo sans y penser. J’avais mon petit portable en main et j’ai eu le temps de déclencher.  On était peut-être dans le Quercy. Il est posé là comme une soucoupe volante, s’intégrant parfaitement avec l’ambiance futuriste de l’autoroute  alors que l’on traversait la montagne en direction de la capitale occitane.

Au-dessus, j’imagine le point de vue totalement différent des véhicules qui sautent par-dessus l’autoroute. Leur horizon, leurs préoccupations, leur vitesse. Ils voient sans doute ce passage comme une bref incursion de la modernité dans leur voyage. Un épiphénomène.

Deux plans de vie qui se juxtaposent brièvement avec à peine visible la fenêtre de la voiture.

Voyager de Toulouse à la Méditerranée

vallee_maury

On avait inventé l’autoroute, ce ruban rapide et sécurisant qui nous emmène d’un point A jusqu’à un point B. C’était oublier que la destination du voyage n’en était pas le but, il y avait le chemin et en ce qui concerne celui-ci, l’autoroute est une bien piètre invention. En venant de Toulouse on évitera donc ce ruban d’asphalte tarifé ou tout du moins on le quittera à hauteur de Castelnaudary pour prendre à la boussole la direction des vins à bulles de Limoux.  Au passage, on sera surpris  de découvrir des collines d’ores et déjà recouvertes de vignes dont de judicieuses mais assez peu gracieuses affiches 4 par 3 nous renseignent sur leur identité  : l’AOC Malepere a été créée en 2007. Le chemin se poursuit ensuite vers Limoux, une ville de montagne si l’on en croît l’escarpement des versants. Bugarach, point culminant des corbières n’est plus très loin et pourtant le paysage humide et sombre n’en rappelle pas encore les paysages arides et rocailleux. Nous poursuivons dans ce paysage végétal et montagneux qui se referme de plus en plus sur nous… La route semble ne pas pouvoir traverser ces montagnes et seuls quelques tunnels bien placés le long d’une rivière, l’Aude, encore très vive permettront de traverser cette barrière verticale appelée défilé de Pierre Lys. Derrière les montagnes s’ouvre une vallée majestueuse surplombée de concrétions rocheuses naturelles où parfois une architecture émerge, cathare la plus souvent (vous aurez noté peut être Queribus sur la photo). Cette vallée s’appelle Agly du nom d’un ruisseau qui serpente en son fond. On a quitté la montagne pour la méditerranée éblouissante. Au bout de la vallée on imaginera la mer qui nous tend les bras à peine à 60 kms… mais tout aussi bien nous resterons dans ces paysages de pierre et de vigne pour y boire quelques jolis vins.